genèse & intention

À l'origine du projet La Montagne Conte, il y a d'abord ce constat :

 

Les bouleversements climatiques, dont les conséquences écologiques, économiques et sociales, se ressentent déjà très fortement dans les territoires de montagne , et plus récemment la crise sanitaire, nous invitent à questionner et à repenser en profondeur le rapport entre l’humain et la montagne. Plus que jamais, nous avons besoin d'imaginer collectivement à quoi peuvent ressembler les futurs de nos territoires de montagne, quelles activités humaines peuvent s'y insérer harmonieusement sur le long terme, dans quelles transitions s'engager et comment. 

Or, les récits que l'on entend sur nos montagnes dans les principaux médias se concentrent majoritairement sur les performances sportives, le modèle des stations de ski alpin qui vacille et ses conséquences anxiogènes ou encore l'image d’Épinal du berger "hors du monde"...

Et si on racontait la montagne autrement ?

Il y a donc un enjeu à identifier et faire entendre les voix, les histoires, de celles et ceux qui inventent et réinventent déjà les façons de vivre, de parcourir et d’habiter les territoires de montagne. Partager ces récits individuels et collectifs permettra d’explorer de nouvelles représentations de la montagne, de nourrir des imaginaires montagnards différents et positifs.

 

Bonne nouvelle : ces histoires existent ! De nombreuses initiatives originales - de nouveaux modes de vie, de travail, d'organisation - fleurissent au cœur des territoires montagnards et explorent ainsi de nouvelles voies pour un développement local respectueux du vivant (humain et non-humain).

 

La Montagne Conte est née avec l'envie et l'intention de partager ces récits authentiques, émouvants et inspirants des acteurs et actrices d'une montagne vivante. Des récits pour se projeter dans des futurs possibles et enthousiasmants, en montagne et ailleurs !

Alors, en chemin pour de nouveaux récits !

Pour collecter ces récits, j'ai entrepris en 2020 une traversée des Pyrénées à pied à la rencontre de ces montagnard.e.s qui vivent la montagne "différemment". Partie avec du matériel d'enregistrement sonore, j'ai réalisé des interviews tout au long du chemin.

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Le projet

les rencontres

Tout au long du chemin, j'ai rencontré, écouté et échangé avec les acteurs et actrices d'une "montagne vivante": la créatrice d’un bistrot-librairie, un collectif citoyen qui réinvestit une ancienne colonie de vacances avec un projet social, économique et culturel, une artiste-agricultrice, l’animateur d’un réseau local d’entraide, une association qui modernise la dernière filature de laine pyrénéenne, les membres d’une association de petits paysans et artisans, un maire très engagé…

S'ils.elles ont des profils variés, les interviewé.e.s ont néanmoins des points communs.

Ils et elles :

  • Côtoient la montagne dans leur quotidien : vivent et/ou travaillent en montagne*

  • Ont une approche originale : leur activité, ou la façon de la pratiquer, sort des normes dominantes

  • Sont attentif.ve.s au respect du vivant (humain et non-humain) en montagne

  • Ont un discours authentique, personnel et non-institutionnel

* où commence et où s'arrête la montagne ? Excellente et difficile question. J'aime conclure comme Germaine et Paul Veyret, dans leur Essai de définition de la montagne (Revue de géographie alpine, tome 50, n°1, 1962), que "Une montagne a un pied et on ne peut pas le lui couper, même quand il descend jusqu'au niveau de la mer". Aussi, parmi les interviewé.e.s de la Montagne Conte, certain.e.s habitent le piémont, d'autres des villages perchés dans les hauteurs.

la traversée en pratique
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Prendre le temps de la rencontre

De l'Atlantique à la Méditerranée, pendant 75 jours, j'ai cheminé avec l'objectif de laisser place aux rencontres, prévues ou imprévues. J'ai voulu prendre le temps d'écouter, j'ai cherché à avoir des échanges approfondis. Je me suis arrêtée, parfois plusieurs jours, pour découvrir, voire partager, le rythme quotidien des personnes rencontrées.

Itinéraire et aspects pratiques

J'ai suivi principalement le sentier de Grande Randonnée n°10, enrichi de quelques détours, parcourant ainsi environ 1000 km.

Je suis partie seule, en semi-autonomie (ravitaillements dans les villages traversés). J'ai alterné nuits sous tente (43 pour être exacte !) et nuits "en dur" chez les habitant.e.s rencontré.e.s lorsqu'ils.elles proposaient de m'accueillir.

Le choix de l'itinérance à pied

J'ai choisi de partir à pied et en itinérance pour expérimenter une autre approche de la montagne : un rapport plus lent, immersif, qui laisse place à la rencontre et recentre sur l'essentiel.

Au-delà des rencontres très inspirantes effectuées tout au long du chemin, l'expérience de la marche itinérante sur une longue durée m'a également profondément marquée. Je partage cette expérience avec plaisir, n'hésitez pas à me contacter sur le sujet !

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qui tend le micro ?
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Je m'appelle Julie Auffray.

Je suis née dans le Massif Central, j'ai grandi aux pied des Pyrénées Catalanes et j'ai étudié tout près des Alpes. A différentes périodes de ma vie, les montagnes n'étaient donc pas très loin ! Je m'y sentais attachée et j'avais envie de contribuer à préserver ces espaces qui m'offrent des expériences uniques, mais que je savais durement impactés par les dérèglements climatiques.

 

Mais on défend bien ce que l'on connaît bien... Et, du haut de mes 29 ans, je faisais le constat que la montagne, je n'y connaissais pas grand chose. Je n’en connaissais qu’une infime partie en la fréquentant de temps en temps pour y randonner. Nombre de ses facettes et de ses enjeux m’étaient inconnus. Or, j’étais persuadée que ces territoires pluriels étaient bien plus que des terrains de jeu et que ce que leurs habitant.e.s avaient à nous partager allait bien au-delà des performances des alpinistes, de la neige artificielle transportée en hélicoptère ou de l’image d’Épinal du berger coupé du monde…

 

J'ai voulu découvrir, écouter et raconter “la montagne” autrement.

 

Alors, je me suis mise en chemin, au sens propre comme au figuré, et j'ai tendu l'oreille et le micro...

Pour en savoir plus
la montagne conte grâce à elles et eux

La Montagne Conte a vu le jour grâce à une multitude de personnes et de coups de pouce !

S'il m'est impossible de citer le nom de chacun.e sur cette page, je tiens à remercier chaleureusement toutes les personnes qui ont contribué à faire exister ce projet par leurs conseils, questions, encouragements, retours, partage de contacts, d'expériences, de matériel...

Un immense merci, bien sûr, à toutes les personnes rencontrées, et souvent interviewées, en chemin ! Merci pour vos témoignages authentiques et inspirants. Merci pour votre accueil et hospitalité, chez vous, en refuge, en cabane, en gîte...

Merci à Fréquence Luz, Mountain Wilderness, La Maison de la Montagne d'avoir communiqué sur le projet.

Merci à Arnau Obiols, artiste pyrénéen exceptionnel rencontré en chemin, dont la musique est utilisée dans le générique de la série audio.